La version de démonstration donnait un aperçu passablement intéressant des mécaniques à notre disposition, en plus de nous donner quelques sueurs froides; voilà que la version en accès anticipé multiplie les possibilités. Et si Drone Sector est déjà un bon jeu, du travail est encore nécessaire pour en faire un excellent titre.
Développé par Icosphere et publié par MicroProse, le jeu s’articule autour du contrôle d’un drone servant non seulement à guider des forces au sol, dans le cadre de nombreuses missions, mais aussi à expédier des munitions de tous genres, à grande vitesse, vers des fantassins et des véhicules ennemis. Avec, à la clé, une explosion doublée d’un compteur nous indiquant le nombre de victimes.
De mission en mission, on accumulera différentes ressources que l’on pourra dépenser pour améliorer notre engin, débloquer de nouvelles armes, ajouter des escouades de soldats et des véhicules de combat à nos forces armées, mais aussi fabriquer les munitions dont nous aurons besoin.
Balles traditionnelles, explosives, obus à fragmentation, missiles… Nous en aurons pour notre creuse dent, comme le veut l’expression.
Mais donner la mort n’est qu’un aspect de Drone Sector; il faudra aussi (et surtout!) guider nos troupes au sol vers les différents objectifs, en s’assurant de « libérer » leur trajet et ainsi éviter qu’elles ne soient prises en embuscade par les forces ennemies, avec des résultats potentiellement funestes à la clé.
L’enjeu consiste alors à équilibrer le besoin d’atteindre notre objectif le plus rapidement possible, avant que les renforts ennemis n’arrivent, et la nécessité de protéger nos forces.

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Une difficulté qui laisse à désirer
La chose est relativement facile pendant les premières missions, mais après environ deux heures de jeu, alors que se multiplieront les véhicules blindés qui peuvent faire beaucoup de mal à vos propres forces, il faudra apprendre à agir de façon stratégique, en se ménageant le plus congru des corridors pour compléter la mission, plutôt que de se la jouer Rambo. On peine à imaginer ce à quoi la difficulté ressemblera après une dizaine, voire une quinzaine d’heures de jeu.
Mais parlons-en, d’ailleurs, de la difficulté: oui, nos forces au sol sont menacées, mais elles sont remplaçables, du moins en partie. Et si l’une des missions de démonstration nous mettait aux prises avec une pléthore d’armes anti-air, force est d’admettre que dans le « vrai » jeu, nous pouvons très largement nous contenter de flotter, bien peinards, en bombardant quand cela nous fait envie.
Notons également que ces bombardements, s’ils peuvent parfois détruire des bâtiments spécifiques, n’ont aucun autre effet sur le terrain: pas de cratères, pas d’empilements de corps ou de carcasses de blindés, pas d’avions qui prennent feu si nous nous amusons à tirer sur des chasseurs ou des transports présents ici et là, dans certaines missions… Tout est plat. Basique. Et pourtant, avec la puissance de feu à notre disparition, on aurait pu croire qu’il en aurait été autrement.
Il faut aussi se pencher sur la capacité des unités de s’orienter correctement sur le terrain: combien de fois verra-t-on un véhicule être coincé contre un bout de mur, incapable de se mettre en route? Ou emprunter un itinéraire abracadabrant, en pleine forêt, sans que l’IA n’ait l’intelligence d’emprunter la route quand cela est possible?
Et combien de fois a-t-on vu des véhicules, les nôtres ou ceux de l’ennemi, effectuer des cabrioles avant de retomber sur leurs roues? Faut-il mentionner, aussi, ces blindés et camions ennemis qui s’enfoncent tous seuls dans des points d’eau, et qui finissent par exploser?
Tout cela peut (et doit) être corrigé. Mais le principal écueil, présentement, est l’absence de trame scénaristique. Oui, les missions sont un peu variées, mais outre la difficulté qui augmente, on ignore s’il existe une finalité à la chose. Après tout, combien de centaines de personnes doit-on tuer avant de gagner? Et qui dispose d’autant de gens à envoyer au casse-pipe?
Bref, les fondations du jeu sont intéressantes, mais l’exécution doit encore être largement améliorée pour éviter que Drone Sector ne commence à devenir ennuyant après seulement une heure ou deux. En attendant, la chose est divertissante, mais sans plus, malheureusement.
Drone Sector (en accès anticipé)
Développeur: Icosphere
Éditeur: MicroProse
Plateforme: Windows (testé sur Steam)
Jeu disponible en français (interface)





